· Jeremy · Récits  · 8 min de lecture

Trois Fois Chamrousse : Récit d'une Journée de Fou

Récit d'une journée où j'ai gravi trois fois Chamrousse par trois routes différentes. 155 km, 4464 m de dénivelé, une route barrée, et une traversée de forêt vélo à la main...

Récit d'une journée où j'ai gravi trois fois Chamrousse par trois routes différentes. 155 km, 4464 m de dénivelé, une route barrée, et une traversée de forêt vélo à la main...

L’idée qui trottait dans la tête

Retour sur le 9 juin 2025.

155 km, 4464 m de dénivelé, trois montées par trois routes différentes : le challenge des Fous et des Folles de Chamrousse. Cette idée me trottait dans la tête depuis un bon moment.

L’année dernière, j’ai fait avec des amis le célèbre challenge des Cinglés du Ventoux – monter au sommet trois fois par les trois routes différentes. Depuis, j’avais envie de faire la même chose à Chamrousse. Car Chamrousse a également trois routes principales pour atteindre le sommet, dont deux se croisent à mi-distance, avec un dénivelé et un kilométrage étonnamment similaires au challenge du Ventoux. Une coïncidence qui donne envie ! Et le fait que ce soit à côté de Grenoble, c’est super pratique : on peut même partir directement en vélo depuis la ville, même si ça rajoute quelques kilomètres.

C’est donc ce que je me suis amusé à faire, et je voulais partager cette petite aventure.

Ça faisait quelque temps que je me demandais quand me lancer. Je m’étais dit “cette année c’est bon, je le fais en 2025”, peut-être vers la fin de l’été. Et puis début juin, il y a eu ce fameux week-end de la Pentecôte avec le lundi férié (ou pas 🤷‍♂️). Ce n’est que la veille au soir que je me suis décidé : “Allez, je prends mon jour de congé et c’est parti”. La météo était parfaite : ni trop froid, ni trop chaud. ☀️ Comme ça, je me souviendrai que c’était un lundi de Pentecôte.

C’est parti.

Le départ de Grenoble

Le départ le long de la piste cyclable

Le matin même, je ne me lève pas particulièrement tôt. Les journées sont longues à cette période, donc ce n’est pas grave si je rentre un peu tard. Je pars vers 9 heures, et comme prévu, la météo est au rendez-vous.

J’avais hésité à m’approcher en voiture pour faire le challenge, mais habitant dans le centre de Grenoble, je me suis dit “allez, on le fait depuis Grenoble, comme les vrais”. Départ au niveau de la Porte de France.

Le début est plutôt calme : la piste cyclable offre un bon échauffement. Ensuite vient la montée dans la combe de Gières, un peu moins agréable avec pas mal de circulation, mais ça monte tranquillement. C’est l’échauffement partie 2.

Une fois à Uriage, je fais une petite pause avec une barre de céréales, histoire de repartir avec l’énergie qu’il faut.

Première montée : Seiglières

21,7 km • 1385 m D+ • 6,4% de moyenne

Direction Chamrousse-Le Recoin, 1650 m

Je commence par la montée direction Chamrousse-Le Recoin, à 1650 mètres. J’avais déjà réfléchi à l’ordre des trois montées : Chamrousse-1650 en premier, comme ça je termine par la descente de ce côté-là. La montée du Luitel en deuxième, puisque c’est la plus dure. Et la longue montée un peu plus tranquille de 1750 pour finir.

Je démarre donc par celle de 1650 qui passe par les Seiglières. Ces montées de Chamrousse, je les connais, je les ai déjà faites plusieurs fois – mais jamais les trois d’un coup le même jour.

11h46. J’arrive au sommet, à peu près dans mes temps habituels. Je m’étais fixé d’aller à chaque fois jusqu’au col de Chamrousse, le point culminant à 1795 mètres – presque 1800. Première montée terminée.

Premier sommet - Col de Chamrousse à 1795m

Je prends un petit snack là-haut, rien de trop copieux. Je garde de la place pour le vrai repas en bas, avant la deuxième montée. Ce sera le déjeuner.

C’est parti pour la première descente.

La mauvaise surprise : route barrée

Juste après avoir entamé la descente, je remarque un panneau sur le bord de la route : travaux, “Luitel barré”. Je commence à paniquer. Vraiment pas de bol ! 😬 Je n’avais pas vérifié l’état des routes avant de partir – en général, dans ce secteur, ça passe sans problème.

Le panneau annonçant la route barrée

Luitel barré… Est-ce que j’abandonne tout de suite pour retenter une prochaine fois ? Je décide de continuer quand même. En vélo, parfois ça passe malgré les barrières.

Je descends jusqu’à l’intersection vers Séchilienne et croise d’autres cyclistes en chemin. Je leur demande des nouvelles. Ils me rassurent : ça passe en vélo. 😅 Par contre, il faut traverser la forêt sur 50 mètres, porter le vélo et enjamber un petit ruisseau. Mais c’est faisable.

Je me dis que je verrai ça en temps voulu. Les travaux sont situés plus bas, sur la portion de la dernière montée. Ça ne m’affecte pas tout de suite. Je fais déjà les deux premières montées, je descends jusqu’à Séchilienne et je remonte, et ensuite on verra.

Direction Séchilienne.

Deuxième montée : Col du Luitel

18,44 km • 1429 m D+ • 7,8% de moyenne

La plus dure : 10% de moyenne sur 10 km

Arrivé en bas à Séchilienne, je m’arrête pour un bon casse-croûte avant de repartir. La montée du col du Luitel, c’est vraiment la plus dure : 10% de moyenne sur 10 km, ça ne rigole pas. La route est étroite et cabossée, mais au moins c’est tranquille – peu de circulation et beaucoup d’ombre.

Je monte à mon rythme, tranquillement, jusqu’au col. Le chemin passe devant le petit lac du Luitel, un joli moment de répit.

Le lac près du Col Luitel

Quand je rejoins la route principale direction le sommet, j’arrive vers 15h20 de nouveau au col de Chamrousse.

Passage par la forêt – Descente

Maintenant, c’est le moment de redescendre par la fameuse route barrée. En arrivant au niveau des travaux, je constate qu’ils n’ont pas fait les choses à moitié : gros plots en béton, barrières partout, tout est barricadé. Impossible de passer en vélo. Il ne reste que le passage par la forêt dont les cyclistes parlaient plus tôt.

Je descends du vélo. Avec les chaussures de route et les cales, marcher dans la forêt n’est vraiment pas pratique. Ce n’est même pas un sentier, juste de l’herbe tassée. Mais bon, je ne fais ça que deux fois – je sais ce qui m’attend à la remontée.

Selfie avec mon vélo devant le chantier

Ça passe, mais ça demande un peu d’acrobatie : le vélo se prend dans les branches, il faut de la dextérité, enjamber le ruisseau en marchant sur les cailloux sans trop se mouiller les pieds. L’obstacle franchi, direction le pied de la dernière montée.

Troisième montée : Prémol

19,19 km • 1381 m D+ • 7,2% de moyenne

La dernière ligne droite

Me voilà au pied de la dernière montée. C’est ici qu’on trouve le fameux panneau décrivant la montée de Chamrousse : dénivelé, pente, pourcentage moyen…

Le panneau de la Montée de Chamrousse par Prémol

Un autre petit casse-croûte et c’est parti. Cette montée, je l’ai déjà faite plusieurs fois, je la connais bien. Passé Prémol et son petit replat, j’arrive au niveau des travaux.

De nouveau, passage par la forêt, vélo à la main.

Passage par la forêt – Montée

Les travaux de rénovation de route : blocs de béton, barrières et pelleteuse

Traversée de la forêt avec le vélo pour contourner les travaux

Je continue la montée après la route barrée et repasse devant l’intersection du Luitel. Je croise plusieurs cyclistes. L’un d’eux me demande si la route est vraiment barrée. “Oui, mais ça passe en portant le vélo. À toi de voir.”

C’est aussi là que je croise Yorick, qui m’accompagnera jusqu’au sommet de cette dernière montée. Il était clairement plus en forme que moi, et plus frais. Moi qui pensais finir tranquillement, je me retrouve à monter en mode tempo. Un bon décrassage pour terminer ce challenge ! Je me demande même si je n’ai pas battu quelques records personnels sur cette dernière portion – faudrait que je vérifie sur Strava 😆

Le sommet final

18h15. Une fois en haut, un vrai sentiment d’accomplissement m’envahit. “Ah oui quand même, c’est bon, c’est fait !” 🎉

C’est déjà la fin de l’après-midi, mais les journées sont longues à cette période de l’année. J’aime voir les silhouettes des montagnes se dessiner au loin. Un paysage magnifique pour conclure l’effort.

Vue sur les montagnes depuis le sommet

Ça y est, le dénivelé est derrière moi. Maintenant, il n’y a plus qu’à se laisser descendre et suivre la piste cyclable pour rentrer.

Le retour

Je fais la dernière descente par Seiglières jusqu’à Gières, tranquillement. Ensuite, c’est le même trajet qu’à l’aller : la piste cyclable.

À l’aller, c’était l’échauffement. Au retour, c’est plutôt une récup active : faire tourner les jambes sur le plat, savourer ce challenge enfin réalisé.

Mes statistiques

MétriqueValeur
Distance totale154,90 km
Dénivelé positif4 464 m
Temps en mouvement9h 08min 59s
Temps total10h 41min 39s
Vitesse moyenne16,9 km/h
Date9 juin 2025

Vue d'ensemble du parcours

En guise de conclusion

J’espère que ce récit vous aura donné un aperçu de ce que représente ce challenge sur une journée – et peut-être l’envie de prendre votre vélo. Si vous habitez dans l’agglomération grenobloise ou si vous êtes de passage vers Chamrousse, pourquoi ne pas vous lancer dans ce défi ?

En espérant que ça vous a plu. À bientôt sur les routes ! 🚴

Jeremy

Retour au blog